Chronique Sport et Entreprendre

avec Laurent GARNIER dirigeant de l’entreprise LG Consultant au micro de Pauline GASTON-CONDUTE
May 12, 2026 by
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🎙️ Chronique spéciale Tournoi des 6 nations - 3ème journée

Aujourd’hui : le débrief de cette quatrième journée spectaculaire, offensive et riche en enseignements avant une dernière journée qui s’annonce explosive.
L’Angleterre a confirmé son statut de favorite en dominant l’Italie 61 à 33 dans un match très ouvert où les Red Roses ont encore impressionné par leur puissance offensive, même si les Italiennes ont montré de belles qualités de jeu et une réelle progression.
De son côté, l’Irlande a parfaitement réagi après sa défaite face à la France en s’imposant 33 à 12 contre le Pays de Galles. Une victoire solide et maîtrisée qui confirme les progrès du rugby féminin irlandais et sa montée en puissance sur la scène européenne.
Enfin, le XV de France a frappé fort en Écosse avec une démonstration offensive : victoire 69 à 28 et onze essais inscrits malgré deux longues périodes en infériorité numérique. Les Bleues restent invaincues et se préparent désormais pour le Crunch décisif face à l’Angleterre.
Au total, cette quatrième journée a offert plus de 230 points, du rythme, du spectacle et surtout la confirmation que le rugby féminin européen continue de franchir un cap en intensité, en qualité de jeu et en visibilité.
Pour analyser cette journée passionnante, nous retrouvons nos chroniqueurs : Danièle Irazu, ancienne internationale française aux 76 sélections, manageure sécurité au sein du Groupe SNCF et dirigeante sportive, ainsi que Bernard Pujol, président du Comité départemental olympique et sportif de Haute-Garonne. 

ITALIE - ANGLETERRE : 33 à 61

Q1 : Danièle, première question : est-ce qu’on a vu une Angleterre toujours aussi dominante ?
Danièle : Oui clairement. Cette équipe d’Angleterre reste la référence mondiale. Elles ont inscrit neuf essais, avec une puissance collective impressionnante. On a vu une équipe capable d’accélérer à chaque possession, notamment avec Marlie Packer, auteure d’un énorme match et d’un triplé.
Mais ce qui m’a marqué, c’est surtout leur maîtrise offensive : elles savent alterner le jeu d’avants et le jeu au large avec énormément de vitesse.

Q2 : Bernard, malgré les 61 points encaissés, peut-on dire que l’Italie a réussi son match ?
Bernard : Oui, parce qu’il faut regarder le contexte. Contre l’Angleterre, beaucoup d’équipes explosent totalement. Là, l’Italie marque 33 points et inscrit cinq essais. C’est même leur meilleur total offensif historique face aux Anglaises.Les Italiennes ont montré du courage, de l’envie, et surtout une progression dans leur rugby offensif. Elles ont continué à jouer jusqu’à la dernière minute, avec notamment Francesca Sgorbini très active devant.

Q3 : Danièle, l’Angleterre a parfois semblé moins solide défensivement. Est-ce un point d’alerte avant le choc contre la France ?
Danièle : Oui, un petit peu. Encaisser 33 points, ce n’est pas anodin pour cette équipe. Les Italiennes ont trouvé des espaces, notamment après les temps faibles anglais et lors du carton jaune d’Ellie Kildunne. Face à la France, ce genre de relâchement peut coûter cher. Les Bleues auront certainement observé ça avec attention avant la “finale” du tournoi.

Q4 : Ce match confirme-t-il malgré tout l’écart entre l’Angleterre et le reste de l’Europe ?Bernard : Oui, l’écart existe encore. L’Angleterre a remporté ses quatre matches avec une différence de points énorme et reste invaincue dans ce tournoi. Mais derrière, on voit des nations progresser. L’Italie avance, la France aussi se rapproche du niveau anglais. Et c’est une excellente nouvelle pour le rugby féminin européen.

Q5 : Danièle, un mot sur l’ambiance et le spectacle proposé ?
Danièle : Franchement, c’était un très beau match à regarder. Plus de 90 points inscrits, du rythme, des relances, des essais… Le rugby féminin montre encore une fois sa capacité à produire un jeu spectaculaire et engagé.

Après la démonstration offensive de l’Angleterre face à l’Italie dans un match spectaculaire, changement d’ambiance avec une rencontre peut-être moins explosive, mais tout aussi importante dans la hiérarchie du Tournoi.
Direction Belfast, où l’Irlande recevait le Pays de Galles avec l’objectif de rebondir après sa défaite face aux Bleues. Les Irlandaises voulaient confirmer leurs progrès devant leur public, tandis que les Galloises cherchaient à retrouver de la confiance dans une compétition toujours très relevée.

IRLANDE - PAYS DE GALLES : 33 à 12

Victoire convaincante de l’Irlande face au Pays de Galles : 33 à 12 à Belfast. Une rencontre maîtrisée par les Irlandaises qui se replacent dans le haut du classement avant la dernière journée.

Q6 : Danièle,qu’est-ce qui a fait la différence dans ce match ?
Danièle : Clairement, la puissance du pack irlandais. Les avants ont dominé les impacts et les phases de conquête. Aoife Wafer a été énorme, élue joueuse du match avec un doublé, et Brittany Hogan a aussi marqué deux essais. On a vu une équipe irlandaise très agressive dans le bon sens du terme, capable d’imposer du rythme et surtout de convertir ses temps forts en points.

Q7 : Bernard, ce succès permet à l’Irlande de retrouver de la confiance après la défaite contre la France ?
Bernard : Oui, totalement. Après le revers 26-7 en France, il fallait une réaction et elle a été très nette. L’Irlande inscrit cinq essais et prend le bonus offensif, ce qui lui permet de monter à la troisième place du classement. On sent que cette équipe progresse dans la continuité du travail de Scott Bemand. Elle devient plus régulière et surtout plus efficace à domicile.

Q8 : Danièle, le Pays de Galles a pourtant bien résisté pendant une partie du match… 
Danièle : Oui, notamment en première période. Les Galloises sont revenues à 7 partout grâce à Georgia Evans et elles ont essayé de s’appuyer sur leur jeu d’avants et leur maul, qui reste une arme importante. Mais elles ont manqué de maîtrise dans les moments clés. Quand l’Irlande a accéléré en deuxième période, notamment après l’heure de jeu, le Pays de Galles n’a pas réussi à suivre physiquement.

Q9 : Bernard, peut-on dire que cette équipe d’Irlande devient une nation qui compte de plus en plus dans le rugby féminin européen ? 
Bernard : Oui, parce qu’elle développe un rugby ambitieux et structuré. Elles ont battu l’Italie largement, elles ont résisté à la France pendant une bonne partie du match, et aujourd’hui elles dominent le Pays de Galles avec autorité. Il y a aussi un vrai enthousiasme autour de cette équipe. Le rugby féminin irlandais attire davantage de public et de visibilité. On sent une dynamique positive.

Q10 : Danièle, un mot sur les individualités qui vous ont marquée ?
Danièle : Aoife Wafer évidemment, parce qu’elle avance sur chaque ballon. Mais j’ai aussi beaucoup aimé Béibhinn Parsons derrière, très dangereuse dès qu’elle a de l’espace. Et puis Dannah O’Brien à l’ouverture a parfaitement dirigé le jeu irlandais avec beaucoup de calme et de précision au pied. Après cette victoire convaincante de l’Irlande face au Pays de Galles, place désormais à l’un des matches les plus attendus de cette quatrième journée : le déplacement du XV de France en Écosse. Les Bleues savaient qu’elles n’avaient pas le droit à l’erreur pour continuer à mettre la pression sur l’Angleterre avant le Crunch final. En face, l’Écosse voulait créer l’exploit à domicile dans une ambiance toujours très particulière au Hive Stadium d’Édimbourg. Et cette rencontre a tenu toutes ses promesses avec un festival offensif des Françaises : onze essais inscrits, beaucoup de rythme, mais aussi quelques imperfections qui alimentent déjà les débats avant le grand rendez-vous face aux Anglaises.

ÉCOSSE - FRANCE : 69 à 28

Q11 : Quel regard portez-vous sur cette victoire française ?
Danièle : C’est une victoire très convaincante offensivement. Marquer 69 points à l’extérieur dans un match international, ce n’est jamais anodin. Les Françaises ont inscrit onze essais avec beaucoup de variété dans leur jeu : du mouvement, de la vitesse, des passes après contact, et surtout une vraie capacité à accélérer quand les espaces se présentaient. Ce qui est intéressant, c’est que malgré deux longues périodes en infériorité numérique, les Bleues ont continué à avancer et à produire du jeu. Mentalement, c’est très fort.

Q12 : Bernard, le début de match semblait pourtant un peu brouillon malgré l’essai très rapide de Manae Feleu
Bernard : Oui, le contraste est assez frappant. Après seulement cinquante secondes, Manae Feleu marque en coin et on se dit que la France va dérouler immédiatement. Mais derrière, les Françaises retombent dans un défaut récurrent : la discipline.
Trois pénalités dans les dix premières minutes, puis le carton jaune de Feleu au quart d’heure… Cela remet l’Écosse dans le match avec l’essai de Rachel Philipps. Contre une équipe comme l’Angleterre, ce genre d’erreurs peut coûter très cher.

Q13 : Danièle, justement, cette capacité à bien gérer les infériorités numériques, est-ce un vrai signe de maturité ?
Danièle : Oui, complètement. Beaucoup d’équipes subissent quand elles passent à 14. Là, les Françaises se sont simplifiées le jeu et sont devenues encore plus efficaces.
Le deuxième essai de Carla Arbez illustre parfaitement cela : elle tape un petit coup de pied par-dessus, suit son action et récupère le ballon pour marquer. C’est intelligent, instinctif et parfaitement exécuté. Ensuite, on a senti les Bleues très lucides dans l’occupation du terrain. Elles ont utilisé leur puissance devant avant d’écarter rapidement vers les ailes.

Q14 : Bernard, plusieurs joueuses se sont illustrées individuellement…
Bernard : Oui, et c’est très positif avant le match décisif contre l’Angleterre. Léa Champon réalise un énorme match avec un doublé et beaucoup d’activité dans le jeu courant. Siobhan Soqeta, pour sa première titularisation, a aussi montré énormément de puissance et de percussion. Et puis derrière, on a vu une ligne de trois-quarts très inspirée avec Pauline Barrat ou encore Léa Murie qui marque un superbe essai après un cadrage-débordement magnifique. Ce qui est encourageant, c’est que les essais viennent de partout.

Q15 : Danièle, cette première période se termine tout de même avec deux essais encaissés. Est-ce inquiétant ?
Danièle : C’est un point de vigilance. Offensivement, la France est brillante, mais défensivement il y a encore des réglages à faire. Rachel Philipps inscrit un doublé parce qu’elle trouve des espaces dans la défense française. Les Bleues ont dominé la possession et l’occupation, mais elles donnent parfois trop d’opportunités à leurs adversaires avec des fautes évitables ou des montées défensives mal coordonnées. Face à l’Écosse, ça passe. Face à l’Angleterre, ce sera une autre histoire.

Q16 : On sent malgré tout une équipe de France capable d’accélérer à tout moment…Bernard : Oui, et c’est ce qui impressionne le plus. Dès le retour des vestiaires, les Françaises repartent très fort avec l’essai de Pauline Barrat après une action collective magnifique : jeu debout, soutien immédiat, timing parfait dans les passes. Puis le score s’envole rapidement : 50 points avant même l’heure de jeu. Cela montre une équipe en pleine confiance, capable de maintenir un rythme très élevé physiquement.

Q17 : Danièle, un mot sur Alexandra Chambon qui fête sa 40e sélection ?
Danièle : C’est une joueuse très importante dans ce groupe. Elle entre, prend le capitanat après la sortie de Manae Feleu et marque immédiatement. Elle apporte de la sérénité et de l’expérience. Dans un tournoi aussi exigeant, ces profils-là comptent énormément, surtout avant un match couperet contre les Anglaises..

Q18 : Bernard, la fin de match a été particulière avec cette nouvelle infériorité numérique après la blessure de Soqeta
Bernard : Oui, parce que le banc français avait déjà été totalement utilisé. Les Bleues ont donc terminé à quatorze contre quinze pendant près d’un quart d’heure.
Et pourtant, elles continuent à marquer ! Annaëlle Deshaye inscrit le dixième essai alors que l’équipe est réduite numériquement. C’est révélateur de l’état d’esprit de ce groupe. Même fatiguées, les Françaises ont continué à jouer, à se proposer et à mettre du rythme.

Q19 : Danièle, cette équipe semble avoir énormément progressé offensivement…
Danièle : Oui, le rugby proposé est très moderne. On voit davantage de continuité dans le jeu, des joueuses capables de rester debout après contact, beaucoup de vitesse dans les transmissions. Et surtout, il y a une vraie confiance collective. Chacune ose prendre des initiatives. Quand une équipe marque onze essais dans un match international, ce n’est pas seulement une question de physique : c’est aussi une question de lecture du jeu et de confiance.

Q20 : Bernard, cette victoire place évidemment tous les regards sur le Crunch final face à l’Angleterre…
Bernard : Oui, désormais tout le tournoi converge vers cette finale. Les deux équipes sont invaincues et largement au-dessus du reste du plateau.
L’Angleterre a marqué 61 points contre l’Italie, la France en marque 69 en Écosse. On sent deux équipes très offensives, très puissantes, mais avec des styles un peu différents. La France aura besoin d’être plus disciplinée et plus rigoureuse défensivement, mais elle arrive avec énormément de confiance.

Q21 : Danièle, est-ce que cette équipe de France peut vraiment battre l’Angleterre ?
Danièle : Oui, sincèrement. Les Anglaises restent favorites parce qu’elles ont plus de profondeur d’effectif et une énorme expérience des grands rendez-vous. Mais cette équipe de France possède des armes. Elle a de la vitesse, de la créativité et surtout une capacité à se transcender dans les moments compliqués. On l’a encore vu aujourd’hui en jouant longtemps à quatorze sans jamais perdre le fil du match. Si les Bleues réussissent à limiter les pénalités et à être plus précises défensivement, elles peuvent rivaliser.

Q22 : Un dernier mot Bernard avant de conclure ?
Danièle : Oui, je crois qu’il faut aussi souligner le spectacle proposé par le rugby féminin dans ce Tournoi. Entre l’Angleterre, la France, l’Irlande ou même l’Italie, on voit des matches ouverts, engagés et très agréables à suivre. Cette victoire française en Écosse confirme surtout que le rugby féminin continue de grandir en qualité et en visibilité.

Voilà ce qu’il fallait retenir de cette quatrième journée du Tournoi des Six Nations féminin 2026. Une journée marquée par des attaques flamboyantes, beaucoup d’essais et des équipes qui continuent de faire progresser le rugby féminin européen.

L’Angleterre a une nouvelle fois impressionné offensivement face à l’Italie avec 61 points inscrits, même si les Italiennes ont confirmé leurs progrès en étant capables de répondre dans le jeu. L’Irlande, elle, a repris confiance grâce à une victoire solide et maîtrisée contre le Pays de Galles. Et puis les Bleues ont envoyé un message fort en Écosse avec une démonstration offensive à 69 points malgré deux longues séquences à quatorze joueuses.

Au classement, rien n’est encore joué puisque la France et l’Angleterre restent invaincues avant une dernière journée qui s’annonce exceptionnelle. Tous les regards sont désormais tournés vers ce fameux Crunch entre les deux meilleures nations européennes du moment. Un véritable match pour le titre, avec une opposition entre la puissance anglaise et la créativité française.

Mais avant cela, la cinquième journée débutera avec un duel important entre le Pays de Galles et l’Italie, deux équipes qui voudront terminer leur tournoi sur une note positive. L’Irlande recevra ensuite l’Écosse avec l’objectif de confirmer sa progression et de conserver une belle dynamique.

Et puis ce rendez-vous très attendu : France – Angleterre. Un Crunch décisif, une finale avant l’heure, entre deux équipes encore invaincues dans cette édition 2026. Intensité, engagement, spectacle… tous les ingrédients seront réunis pour conclure ce Tournoi des Six Nations féminin en apothéose.

Merci Danièle et Bernard pour vos regards d’experts et vos analyses tout au long de cette Chronique. 

C’était notre quatrième chronique spéciale Tournoi des 6 Nations féminin de rugby signé « Et si on parlait de sport ». 

On se retrouve la semaine prochaine pour vivre ensemble cette dernière journée qui s’annonce passionnante. 

Et d’ici là, continuez à vibrer sport !

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May 12, 2026

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