🎙️ Chronique spéciale
Tournoi des 6 nations Féminin - 5ème journée
Retour sur le plateau de « Et si on parlait de sport » pour cette cinquième et dernière journée du Tournoi des 6 Nations féminin de rugby !
Une journée décisive, spectaculaire et riche en émotions qui a confirmé la montée en puissance du rugby féminin européen, avec des stades pleins, beaucoup d’essais et un suspense encore présent avant le grand Crunch final entre la France et l’Angleterre.
Aujourd’hui : la belle démonstration offensive de l’Italie, victorieuse au Pays de Galles 43 à 24 grâce à une seconde période de très haut niveau, confirmant les progrès constants de la Squadra Azzurra dans ce Tournoi.
Nous reviendrons également sur l’impressionnante performance de l’Irlande qui a écrasé l’Écosse 54 à 5 à Dublin devant une affluence record, avec un rugby de mouvement spectaculaire et une première période totalement maîtrisée.
Et bien sûr, nous débrieferons le choc tant attendu entre la France et l’Angleterre à Bordeaux. Un Crunch décisif pour le titre où les Red Roses ont une nouvelle fois imposé leur puissance et leur réalisme en s’imposant 43 à 28 face aux Bleues pour décrocher un huitième sacre consécutif dans le Tournoi.
Pour analyser cette dernière journée du Tournoi des 6 Nations féminin, je suis accompagné de Danièle Irazu, ancienne internationale française aux 76 sélections, manageure sécurité au sein du Groupe SNCF et dirigeante sportive, ainsi que Bernard Pujol, président du Comité départemental olympique et sportif de Haute-Garonne.
Alors installez-vous confortablement, place maintenant au grand débrief de cette dernière journée du Tournoi des 6 Nations féminin !
PAYS DE GALLES - ITALIE : 24 à 43
Q1 : Danièle, cette équipe italienne a encore marqué les esprits aujourd’hui. Que retenez-vous de cette victoire ?
Danièle : Je retiens surtout la capacité des Italiennes à accélérer après la pause. À la mi-temps, le Pays de Galles était devant 19 à 17, donc le match était totalement ouvert. Mais en seconde période, l’Italie a imposé énormément de rythme, de vitesse dans les transmissions et surtout beaucoup plus de maîtrise dans les zones de contact.
Résultat : elles inscrivent plusieurs essais très rapidement et prennent complètement le contrôle du match.
Q2 : Bernard, on a vu une équipe italienne très offensive avec sept essais inscrits. Est-ce que cette équipe a franchi un cap dans ce Tournoi ?
Bernard : Oui, clairement. Cette équipe italienne progresse année après année. On sent davantage de confiance dans leur jeu. Elles osent relancer, déplacer le ballon et utiliser toute la largeur du terrain. Aujourd’hui, elles terminent le Tournoi avec une victoire convaincante à l’extérieur et surtout avec une vraie identité de jeu. C’est important pour le rugby féminin italien.
Q3 : Danièle, à l’inverse, le Pays de Galles termine encore sans victoire. Est-ce inquiétant ?
Danièle : Oui, parce qu’on sent beaucoup de fragilité mentale dès que l’équipe subit une série défensive compliquée. Pourtant, pendant quarante minutes, les Galloises ont rivalisé, elles ont même mené au score. Mais dès que l’Italie a accéléré, elles ont perdu en discipline et en organisation défensive. Ce Tournoi confirme que le rugby féminin gallois traverse une période compliquée.
Q4 : Bernard, est-ce que ce genre de match montre aussi l’évolution globale du Tournoi féminin ?
Bernard : Complètement. On voit davantage d’intensité, plus de jeu offensif et surtout des écarts qui se réduisent entre plusieurs nations. L’Italie devient de plus en plus compétitive et ça rend le Tournoi beaucoup plus intéressant.
Aujourd’hui, on n’est plus uniquement sur une domination de l’Angleterre ou de la France : derrière, ça pousse fort. Et c’est excellent pour le développement du rugby féminin européen.
On retiendra cette victoire italienne 43 à 24 à Cardiff, acquise grâce à une deuxième période de très haut niveau. L’Italie conclut son Tournoi sur une note très positive et confirme sa progression, tandis que le Pays de Galles termine une nouvelle fois sans succès malgré une première mi-temps encourageante.
Direction Dublin où l’Irlande recevait l’Écosse dans un match particulièrement important pour le classement final. Deux équipes en pleine progression, deux formations capables de produire beaucoup de jeu, avec en toile de fond l’objectif de terminer ce Tournoi sur une note positive et de confirmer les progrès aperçus ces dernières semaines.
Alors, que faut-il retenir de cette confrontation intense et engagée ?
IRLANDE - ÉCOSSE : 54 à 5
Q5 : Danièle, on a assisté à une première mi-temps totalement folle avec un score de 47 à 0 à la pause. Comment explique-t-on une telle domination irlandaise ?
Danièle : C’est simple : l’Irlande a mis énormément d’intensité dès les premières minutes. Elles ont été très agressives dans les zones de ruck, extrêmement rapides dans les enchaînements et surtout très efficaces à chaque occasion. Les Écossaises n’ont jamais réussi à sortir de leur camp ni à ralentir le rythme imposé par les Irlandaises.
Résultat : sept essais avant même la mi-temps, c’est énorme à ce niveau-là.
Q6 : Bernard, cette équipe d’Irlande termine très fort ce Tournoi. Est-ce que cette victoire confirme leur progression ?
Bernard : Oui, clairement. On sent une équipe qui gagne en maturité et en confiance. Depuis deux saisons, l’Irlande travaille énormément sur la vitesse de jeu et la circulation du ballon. Aujourd’hui, cela commence à porter ses fruits. Ce qui est intéressant, c’est qu’elles ne se sont pas contentées de la puissance : elles ont aussi produit du jeu de mouvement avec beaucoup de variété offensive. Cette victoire devant un Aviva Stadium très bien rempli est aussi un symbole du développement du rugby féminin irlandais.
Q7 : Danièle, au-delà du score, on a vu une équipe écossaise complètement dépassée défensivement…
Danièle : Oui, et c’est ce qui doit inquiéter le staff écossais. L’Écosse avait pourtant montré de belles choses par moments dans ce Tournoi, notamment offensivement. Mais aujourd’hui, défensivement, elles ont énormément subi. Les replacements étaient compliqués, les plaquages manqués se sont accumulés et face à une équipe irlandaise lancée à pleine vitesse, ça devient très difficile. Mentalement aussi après trois ou quatre essais rapides, on sent que l’équipe a perdu confiance.
Q8 : Bernard, cette rencontre illustre aussi l’évolution spectaculaire du rugby féminin européen ?
Bernard : Oui, complètement. On voit des stades qui se remplissent, des matches beaucoup plus médiatisés et surtout des équipes capables de produire un rugby très dynamique. Aujourd’hui, les nations dites “intermédiaires” progressent énormément. L’Irlande en est le parfait exemple. Ce Tournoi 2026 a encore montré que le niveau général monte très vite.
Q9 : Danièle, un mot justement sur l’ambiance aujourd’hui à Dublin ?
Danièle : L’Irlande conclut donc son Tournoi de la plus belle des manières avec une démonstration impressionnante face à l’Écosse, 54 à 5. Une victoire spectaculaire construite dès la première période grâce à un rugby très offensif et une intensité constante. De son côté, l’Écosse termine cette édition avec beaucoup de difficultés défensives malgré quelques promesses aperçues durant la compétition.
Et après cette large victoire irlandaise, place maintenant au grand choc de cette dernière journée du Tournoi : France – Angleterre. Un véritable “Crunch” décisif entre les deux grandes puissances du rugby féminin européen, avec un enjeu énorme : la victoire finale dans ce Tournoi des 6 Nations 2026.
Les Bleues peuvent-elles faire tomber les Red Roses, invaincues depuis plusieurs années dans la compétition ?
FRANCE - ANGLETERRE : 69 à 28
Q10 : Danièle, avant d’entrer dans le détail, quel sentiment domine après cette nouvelle défaite française ?
Bernard : Il y a forcément beaucoup de frustration parce qu’on sent des progrès dans le jeu français, notamment offensivement, mais il y a encore un énorme écart de maîtrise avec l’Angleterre. Pendant vingt minutes, les Bleues ont proposé un rugby ambitieux, avec du mouvement, de la vitesse et de très belles séquences ballon en main. Mais face aux Anglaises, chaque erreur se paie immédiatement. Et aujourd’hui encore, l’Angleterre a été d’un réalisme impressionnant.
Q11 : Bernard, justement, cette première période a presque résumé toute la différence entre les deux équipes…
Bernard : Oui, totalement. La France a eu la possession, les intentions, parfois même la domination territoriale, mais l’Angleterre a été chirurgicale. Les Red Roses ont utilisé leurs points forts historiques : la puissance, les pick and go, la maîtrise du jeu direct et surtout l’efficacité dans les zones de marque. À chaque temps fort anglais, il y avait une impression de danger immédiat. Et défensivement, les Françaises ont laissé trop d’espaces sur les extérieurs. À ce niveau-là, des joueuses comme Ellie Kildunne ou Abby Dow punissent immédiatement.
Q12 : Danièle, on a pourtant vu un très bel essai français dès la 14e minute avec Pauline Bourdon Sansus…
Danièle : Oui, et cet essai symbolise parfaitement ce que veut mettre en place le nouveau staff français. Une équipe capable de relancer depuis son camp, d’utiliser la vitesse et les qualités techniques de ses trois-quarts. Pauline Bourdon Sansus a été remarquable aujourd’hui. Elle a beaucoup tenté autour des rucks, elle a pris des initiatives et elle a incarné ce leadership offensif dont la France avait besoin. Son doublé a maintenu les Bleues dans le match émotionnellement.
Q13 : Bernard, un autre élément important aujourd’hui : les difficultés françaises en touche…
Bernard : Oui, et c’est probablement l’un des tournants du match. Perdre quatre lancers sur treize en première période, et en plus dans le camp anglais, c’est énorme face à une équipe comme l’Angleterre. Les Bleues ont perdu des munitions précieuses alors qu’elles étaient dans des temps forts intéressants. À l’inverse, les Anglaises ont été beaucoup plus propres dans les fondamentaux. Et dans un Crunch, la conquête reste essentielle.
Q14 : Danièle, malgré le retard à la pause, les Françaises ont quand même tenté de revenir…
Danièle : C’est important de le souligner parce que l’équipe n’a jamais lâché. Quand Anaïs Grando marque puis que Pauline Bourdon Sansus inscrit son deuxième essai, on sent le stade Atlantique se remettre à croire à un exploit. Il y avait une vraie ferveur dans les tribunes avec plus de 35 000 spectateurs. Mais dès que la France est revenue un peu dans le match, l’Angleterre a immédiatement répondu avec un essai quasiment en première main. Et là, on comprend pourquoi cette équipe domine le rugby mondial depuis plusieurs années.
Q15 : Bernard, est-ce que cette domination anglaise devient psychologique pour les Bleues ?
Bernard : Forcément, après 18 défaites consécutives, cela joue dans les têtes. Mais je pense qu’il faut aussi regarder le travail réalisé par l’Angleterre depuis dix ans. Le championnat anglais est extrêmement structuré, les joueuses disposent de conditions professionnelles très avancées et cela se ressent dans la maîtrise collective. La France progresse, mais l’Angleterre reste aujourd’hui la référence mondiale du rugby féminin.
Q16 : Danièle, malgré cette défaite, voyez-vous quand même des motifs d’espoir pour les Bleues ?
Danièle : Sincèrement oui. On voit une volonté de produire davantage de jeu, de prendre des initiatives offensives et de mettre du rythme. Certaines jeunes joueuses montent en puissance et l’équipe semble avoir retrouvé une identité plus ambitieuse. Maintenant, il faut réussir à maintenir cette intensité pendant 80 minutes et surtout réduire le nombre d’erreurs techniques face aux meilleures nations.
Mais il y a une base intéressante pour l’avenir.
L’Angleterre remporte donc ce Crunch à Bordeaux 43 à 28 et décroche un huitième titre consécutif dans le Tournoi des 6 Nations féminin. Une nouvelle démonstration de puissance et de maîtrise des Red Roses, qui confirment leur statut de meilleure équipe du monde.
De leur côté, les Bleues peuvent nourrir des regrets après une première période trop approximative, notamment en conquête, mais elles ont aussi montré des intentions offensives encourageantes et une vraie capacité de réaction face à l’ogre anglais.
Merci Danièle et Bernard d’avoir partagé votre analyse tout au long de ce Tournoi des 6 Nations féminin dans Et si on parlait de sport.
Merci également à vous toutes et tous de nous avoir suivis pour ces chroniques spéciales consacrées au rugby féminin européen.
C’était notre cinquième et dernière chronique spéciale Tournoi des 6 Nations féminin de rugby signé « Et si on parlait de sport ».
On vous donne rendez-vous pour vivre ensemble de nouvelles chroniques.
Et d’ici là, continuez à vibrer sport !
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