🎙️ Chronique spéciale
Tournoi des 6 nations Féminin - 3ème journée
On ouvre cette troisième journée du Tournoi des 6 Nations féminin avec une affiche déséquilibrée sur le papier… mais plus intéressante qu’elle n’y paraît : la victoire de l’Angleterre face au Pays de Galles, 62 à 24. Un score large, une domination anglaise évidente… mais aussi une équipe galloise qui n’a jamais renoncé.
Pour en parler, nous retrouvons nos chroniqueurs , Danièle Irazu, ancienne internationale française avec 76 sélections, aujourd’hui manageure sécurité au sein du groupe SNCF et toujours engagée dans le rugby et Bernard Pujol, président du Comité Départemental Olympique de Haute-Garonne, et passionné de rugby
ANGLETERRE – GALLES : UNE MACHINE IMPRESSIONNANTE
Q1 : On démarre avec cette affiche Angleterre – Pays de Galles, victoire nette des Anglaises 62 à 24… mais un match finalement plus accroché qu’il n’y paraît.
Danièle, est-ce que ce score reflète vraiment la rencontre ?
Danièle : Pas totalement. L’Angleterre reste au-dessus, clairement, mais le pays de Galles a montré du caractère. Elles ont tenu, elles ont résisté, et surtout elles vont chercher un bonus offensif. C’est très intéressant.
Q2 : Bernard, 36 victoires consécutives pour l’Angleterre… on est face à une équipe intouchable ?
Bernard : Aujourd’hui, c’est la référence mondiale. Ce qui impressionne, c’est leur capacité à accélérer quand elles le veulent. Elles maîtrisent tous les aspects du jeu.
Q3 : Danièle, on a senti quand même un match accroché en début de rencontre. ?
Danièle : Oui, notamment grâce à l’engagement gallois. Elles ont su répondre, notamment avec Keira Bevan qui dynamise le jeu. Pendant un moment, elles mettent l’Angleterre sous pression.
Q4 : Et puis il y a ce tournant avec la capitaine anglaise, Meg Jones.
Bernard : Exactement. Elle fait basculer le match. Son premier essai est un modèle de lecture de jeu, et le deuxième… c’est une action collective exceptionnelle. Là, on voit la différence de niveau.
LA PUISSANCE DU PACK ANGLAIS
Q5 : On a aussi vu une domination physique énorme, notamment sur les mauls.
Bernard : Oui, notamment sur les mauls. C’est une arme redoutable. Elles avancent, elles usent, elles marquent. C’est très difficile à contrer.
Danièle : C’est là qu’on voit la différence entre une équipe installée au sommet et une équipe en construction. L’Angleterre maîtrise tous les secteurs.
Q6 : Danièle, malgré le score, le Pays de Galles ne lâche rien.
Danièle : C’est ce qu’il faut retenir. Elles continuent à jouer, même menées largement. Et elles sont récompensées avec quatre essais. Mentalement, c’est très positif.
Q7 : Bernard, est-ce qu’on peut dire que le Pays de Galles progresse ?
Bernard : Oui, clairement. Elles sont encore loin de l’Angleterre, mais elles construisent. Ce match est encourageant malgré la défaite.
Une Angleterre toujours aussi impressionnante donc, mais un Pays de Galles combatif qui confirme sa progression. Dans cette troisième journée, une autre équipe a marqué les esprits : l’Italie.Les Italiennes ont livré une prestation très solide face à l’Écosse… avec un rugby rapide, efficace et spectaculaire.
👉 L’Italie a-t-elle franchi un cap ?
👉 L’Écosse est-elle en difficulté ?
On poursuit notre décryptage avec une rencontre à sens unique : la large victoire de l’Italie face à l’Écosse, 41 à 14 du côté de Parme. Une prestation aboutie des Italiennes, dans un match marqué par l’intensité, la chaleur… et beaucoup de difficultés côté écossais.
Q8 : Danièle, est-ce qu’on a vu la meilleure version de l’Italie aujourd’hui ?
Danièle : Très clairement oui. On a vu une équipe complète : du rythme, de la précision, de la puissance devant et de la vitesse derrière. C’est un match référence pour elles.
Q9 : Bernard, 41-14, avec 29-0 à la mi-temps… est-ce que le match était déjà plié très tôt ?
Bernard : Oui, totalement. L’Italie a imposé son tempo dès le début, et l’Écosse n’a jamais réussi à s’adapter. Il y avait trop d’écart dans l’engagement et l’organisation.
Q10 : Danièle, une joueuse s’est particulièrement illustrée : Alyssa D’Incà avec un doublé.
Danièle : Oui, elle a été très efficace. Mais ce qui m’a marqué, c’est surtout la qualité du jeu collectif italien. Elle est à la conclusion, mais tout le travail est fait avant.
Q11 : On parle souvent des lignes arrière, mais le pack italien a aussi dominé, notamment avec Vittoria Zanette.
Danièle : Exactement. Elle a été impressionnante pour une première titularisation. Très présente dans les zones de ruck, très puissante. Elle symbolise cette nouvelle génération italienne.
Q12 : Bernard, du côté écossais, c’est beaucoup plus compliqué…
Bernard : Oui, c’est un match difficile. Entre le forfait de la capitaine Rachel Malcolm, les blessures pendant la rencontre… ça devient très compliqué de rivaliser dans ces conditions.
Q13 : Danièle, est-ce que ces circonstances expliquent tout ?
Danièle : Non, pas complètement. Il y a aussi un problème de structure : la défense, la conquête… l’Écosse a été dominée dans tous les secteurs
Q14 : Bernard, malgré tout, on a vu une réaction en seconde période.
Bernard : Oui, elles ont profité des cartons jaunes italiens pour marquer. Mais ça reste insuffisant sur l’ensemble du match.
Q15 : Danièle, même à 13 contre 15, l’Italie continue de marquer. C’est fort quand même.
Danièle : C’est très fort. Ça montre leur confiance et leur supériorité physique. Elles n’ont jamais paniqué.
Q16 : Est-ce que cette Italie peut inquiéter les grandes nations ?
Danièle : Elle progresse, c’est sûr. Mais face à l’Angleterre, ce sera un autre défi.
Bernard : Oui, mais c’est une équipe qui monte en puissance. Il faudra la surveiller.
Une Italie séduisante donc, qui confirme sa montée en puissance dans ce Tournoi.
Mais dans cette troisième journée, une autre nation était attendue au tournant… la France. Les Bleues, en quête de confirmation, affrontaient une équipe d’Irlande toujours difficile à manœuvrer.
👉 Alors, la France a-t-elle répondu présente ?
👉 A-t-elle su imposer son jeu et rassurer ?
On termine notre décryptage de cette troisième journée du Tournoi des 6 Nations féminin avec la performance des Bleues face à l’Irlande : victoire 26 à 7 au stade Marcel-Michelin. Un match intense, engagé, longtemps indécis… mais une nouvelle démonstration de la capacité de l’équipe de France à faire la différence en seconde période.
Q17 : Danièle, première question : est-ce que ce match confirme ce qu’on voit depuis le début du tournoi côté français ?
Danièle : Oui et non. Oui, parce qu’on retrouve cette capacité à accélérer en deuxième mi-temps. Mais non, parce que l’entame est encore une fois compliquée. Le carton jaune très tôt met l’équipe en difficulté.
Q18 : Bernard, justement, cette entame… on peut parler d’un vrai problème ?
Bernard : Oui, clairement. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : beaucoup de pénalités, peu de possession… la France subit. Contre une équipe comme l’Angleterre, ça ne passera pas.
Q19 : Danièle, malgré tout, les Bleues restent au contact.
Danièle : Grâce à leur défense. Elle a été exceptionnelle. Elles ont énormément plaqué, elles ont résisté, elles ont empêché l’Irlande de concrétiser plusieurs occasions. C’est ça qui les maintient dans le match.
Q20 : Un mot sur Ambre Mwayembe, Danièle, qui marque son premier essai international.
Danièle : Oui, et quel impact ! Elle apporte de la puissance, de la vitesse. Elle est à l’origine de plusieurs actions importantes. C’est une vraie satisfaction.
Q21 : Bernard, on a l’impression que le match bascule autour de la 50e minute.
Bernard : Exactement. L’essai de Carla Arbez change tout. À ce moment-là, l’Irlande doute, et la France commence à prendre confiance.
Q22 : Danièle, qu’est-ce qui fait la différence en seconde période ?
Danièle : La maîtrise. Les Bleues deviennent plus propres, plus efficaces. Elles gardent le ballon, imposent leur rythme, et physiquement, elles prennent le dessus.
Q23 : Bernard, on a aussi vu une Irlande qui a beaucoup donné… mais qui craque.
Bernard : Oui, elles ont dominé longtemps, mais sans concrétiser. Et à ce niveau-là, ça se paie. La France, elle, a été beaucoup plus réaliste.
Q24 : Danièle, le banc français a aussi joué un rôle important.
Danièle : Oui, comme souvent. Les remplaçantes apportent de l’énergie, de l’impact. Et ça permet à l’équipe de finir très fort.
Q25 : Avec cet essai de Léa Champon en fin de match pour aller chercher le bonus offensif.
Danièle : Exactement. C’est important dans un tournoi comme celui-ci. Ça montre aussi l’ambition de cette équipe.
Q25 : Pour conclure ce débrief en une phrase : la France est-elle rassurante après ce match ?
Danièle : Sur la deuxième mi-temps, oui, il faut régler les entames.
Bernard : Oui, il y a encore du travail.
👉 Le point fort des Bleues aujourd’hui ?
Danièle : La défense.
Bernard : La capacité à accélérer au bon moment.
👉 Le point à améliorer en priorité ?
Danièle : La discipline et les débuts de match.
Bernard : La maîtrise globale sur 80 minutes.
👉 Peuvent-elles rivaliser avec l’Angleterre ?
Danièle : Oui, mais pas avec ce type d’entame.
Bernard : Il faudra être plus constantes.
Voilà ce qu’il fallait retenir de cette troisième journée du Tournoi des 6 Nations féminin.
Une journée qui confirme plusieurs tendances fortes :
👉 Une Angleterre toujours aussi dominante, impressionnante de maîtrise et en route vers un potentiel Grand Chelem.
👉 Une équipe de France solide mentalement, capable de faire la différence au bon moment mais encore en quête de régularité.
👉 Et derrière, des nations comme l’Italie et le Pays de Galles qui progressent, proposent du jeu et viennent bousculer la hiérarchie.
Un tournoi passionnant, de plus en plus dense, où chaque match raconte une histoire différente… mais où le niveau global continue clairement de s’élever.
Un grand merci à vous deux pour vos regards d’experts et vos analyses toujours précises
Et on se projette déjà vers la prochaine journée, le samedi 9 mai, avec de très belles affiches :
Italie vs Angleterre
Écosse vs France
Irlande vs Pays de Galles
Des rencontres décisives pour la suite du classement… et peut-être déjà des tournants dans ce Tournoi 2026.
C’était notre troisième chronique spéciale Tournoi des 6 Nations féminin de rugby signé « Et si on parlait de sport ». On se retrouve dans deux semaines pour une quatrième journée qui s’annonce déjà décisive !
Et d’ici là, continuez à vibrer sport !
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