Chronique spéciale Rugby - Tournoi des 6 Nations Féminin N°2

Danièle Irazu
21 avril 2026 par
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🎙️ Chronique spéciale 
Tournoi des 6 nations Féminin - 2
ème journée

Deuxième chronique spéciale consacrée au Tournoi des 6 Nations féminin de rugby !Après une première journée déjà riche en enseignements, une hiérarchie commence à se dessiner… mais attention, rien n’est encore figé.

Si on résume :
  L’Angleterre est déjà en mode patron : solides, puissantes, efficaces… les Red Roses ont posé leur empreinte sur la compétition et annoncent clairement la couleur.
La France gagne, mais doit encore se régler : deux victoires bonifiées, oui… mais un jeu encore irrégulier, et des débuts de match qui interrogent
L’Écosse confirme sa montée en puissance : plus structurée, plus ambitieuse, elle s’installe progressivement comme une nation qui compte.

Derrière, l’Irlande et l’Italie cherchent encore leurs repères, mais ont montré qu’elles pouvaient bousculer l’ordre établi.

Alors, cette deuxième journée… simple confirmation ou premiers bouleversements ?

Réponse tout de suite dans notre débrief complet avec notre chroniqueuse Danièle Irazu, ancienne Internationale de rugby (76 sélections), manageure sécurité au sein du Groupe SNCF et dirigeante sportive.

Bonjour Danièle

Q1 : Danièle, deuxième journée de ce Tournoi des Six Nations féminin… et déjà des écarts impressionnants, des stades pleins, et du spectacle. Est-ce qu’on est en train de vivre un tournant pour le rugby féminin ?

Danièle : Clairement, oui. On a vu trois choses fortes ce week-end :
Une domination anglaise toujours aussi impressionnante
Des équipes comme l’Irlande qui confirment leur montée en puissance
Et une équipe de France encore en construction, malgré les résultats

Mais surtout… ce qui marque, c’est l’engouement. Les stades se remplissent, les matchs sont spectaculaires, et ça, c’est une victoire énorme pour le rugby féminin.

ÉCOSSE – ANGLETERRE : UNE MARÉE ROUGE… 

Q2 : On commence par ce match à Murrayfield : 84 à 7 pour l’Angleterre… Danièle, est-ce qu’on peut encore parler de match ?
Danièle : Sur le plan du score, non… mais sur le plan symbolique, c’est immense.
👉 30 498 spectateurs
👉 Un record pour un événement féminin en Écosse
👉 Une ambiance exceptionnelle avec Loch Lomond repris à pleins poumons
Franchement, ça dépasse le cadre du sport.

Q3 :
Et sur le terrain ?
Danièle : Là, on a retrouvé les Red Roses dans leur version la plus impitoyable.
12 essais / Une efficacité clinique / Une capacité à accélérer dès qu’elles le décident
Le tournant, c’est ce 50-22 de Zoe Harrison. À partir de là, l’Angleterre installe son jeu et déroule.

Q4 : Une joueuse t’a marquée ?
Danièle : Oui, plusieurs même :
Ellie Kildunne : tranchante, deux essais, toujours dans les bons coups
Sadie Kabeya : énorme activité, toujours à la limite de marquer
Et le banc anglais… décisif
👉 Sarah Bern qui plante deux essais en 8 minutes
👉 Marlie Packer, toujours aussi impactante malgré une carrière déjà immense

Q5 : Et l’Écosse dans tout ça ?
Danièle : Elles n’ont pas à rougir. Leur essai est magnifique :
👉  jeu au pied, vitesse, finition de Rhona Lloyd
Et surtout, elles montrent qu’elles progressent.
Le score ne reflète pas totalement les efforts de l’Écosse. Cette rencontre ne traduit pas seulement un écart de niveau sur le terrain, mais surtout une progression en dehors. L’Écosse continue de se structurer pour atteindre le niveau de référence du rugby féminin, incarné par l’Angleterre, grâce au travail effectué à tous les niveaux, de la formation jusqu’au championnat professionnel féminin de rugby. Le public répond présent, comme en témoigne l’affluence de 30 498 spectateurs, un record pour un événement sportif féminin indépendant en Écosse.

IRLANDE – ITALIE : LE RÉVEIL IRLANDAIS

Q6 : Direction Galway maintenant : victoire 57 à 20 de l’Irlande. Danièle, est-ce que c’est une confirmation ?
Danièle : Oui, clairement. Et surtout, c’est un message envoyé :
👉 L’Irlande est de retour dans le haut niveau européen.

Q7 : Avec une grande protagoniste…
Danièle : Béibhinn Parsons. Exceptionnelle. Triplé Élue joueuse du match
Une menace permanente
Et ce qui est fort, c’est le contexte : elle revient de blessures, elle n’a que 24 ans, et elle incarne déjà le renouveau.

Q8 : Ce qui frappe aussi, c’est le jeu proposé…
Danièle : Oui, beaucoup de fluidité : passes après contact, jeu rapide, prise d’initiatives
On a vu une équipe libérée. Et surtout, elles vont chercher le bonus offensif en 22 minutes. C’est un signe très fort.

Q9 : L’Italie a quand même montré des choses ?
Danièle : Oui, et c’est important de le dire. 
👉 Elles inscrivent 3 essais
👉 Certaines actions sont magnifiques
Je pense notamment à celui de Vittoria Ostuni Minuzzi, impressionnant de puissance et de vitesse. Mais elles manquent encore de régularité.

PAYS DE GALLES – FRANCE : UNE VICTOIRE QUI INTERROGE

Q10 : On termine avec les Bleues : victoire 38 à 7… mais un match loin d’être maîtrisé.
Danièle : Oui, et c’est là tout le paradoxe.
👉 Deuxième victoire avec bonus
👉 Mais encore une entame ratée
Et ça, à ce niveau, ça ne pardonne pas.

Q11 : Qu’est-ce qui a posé problème ?
Danièle : L’indiscipline, clairement.
2 cartons jaunes en une minute
8 pénalités en première mi-temps
un essai encaissé à 13 contre 15
Franchement, ça aurait pu coûter beaucoup plus cher.

Q12 : Et pourtant…
Danièle : Oui, elles ont du caractère. À 13, elles tiennent.
Et en seconde période, elles haussent le niveau :
👉 Manae Feleu
👉 Léa Murie
👉 Pauline Bourdon Sansus
Et surtout une fin de match plus libérée avec le doublé d’Anaïs Grando.

Q13 : Une joueuse à retenir ?
Danièle : Assia Khalfaoui. Elle avance sur chaque impact, elle stabilise l’équipe, elle donne le ton. C’est une vraie leader de combat.

Q14 : Mais il y a aussi des inquiétudes…
Danièle : Oui ! Blessure de Yllana Brosseau, après celle de Joanne Grisez
Et surtout, cette impression que l’équipe n’est pas encore totalement en place.

FOCUS – UNE COMPÉTITION QUI CHANGE DE DIMENSION

Q15 : Danièle, au-delà des résultats, qu’est-ce que tu retiens de cette journée ?
Danièle : Trois choses :
1 - Le public répond présent : 30 000 en Écosse plus de 9 000 en Irlande
👉 Ce n’est plus un phénomène marginal

2 - Le jeu s’accélère
plus d’essais
plus de rythme
plus de spectacle

3 - L’écart entre nations
Angleterre au sommet
France et Irlande en chasse
autres nations en progression

REGARD VERS LA 3E JOURNÉE

Q16 : Un mot sur la suite ?
Danièle :  
👉 Angleterre – Pays de Galles → Attention à la démonstration
👉  Italie – Écosse → Match très ouvert
👉  France – Irlande → Là, c’est LE choc
Si les Bleues veulent exister face à l’Angleterre… elles doivent envoyer un message fort.

Q17 :  Pour conclure Danièle, en une question : qui est la grande gagnante de cette deuxième journée ?
Danièle :  L’Angleterre… sportivement. Mais le rugby féminin… collectivement.

Q18 :  Et la grande interrogation ?
Danièle : La France. Capable du meilleur… mais encore trop irrégulière.

Q19 : Et le moment fort ?
Danièle :  Murrayfield plein. Parce que ça, ça change tout.

Merci Danièle ! pour tes analyses et commentaires pertinents. C’était notre deuxième chronique spéciale Tournoi des 6 Nations féminin de rugby signé « Et si on parlait de sport ». On se retrouve très vite la semaine prochaine pour une troisième journée qui s’annonce décisive !

Et d’ici là, continuez à vibrer sport !

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21 avril 2026

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