🎙️ Chronique spéciale Coupe du Monde de Rugby Féminin N°6
– Débrief des finales -
La chronique spéciale Coupe du Monde de Rugby féminin, Aujourd’hui, c’est le dernier grand débrief de la Coupe du monde de rugby Féminine. Deux matchs à analyser : le match pour la 3e place entre la France et la Nouvelle-Zélande, et bien sûr, la finale Angleterre–Canada. Pour en parler, trois invités de choix : Danièle Irázu, ancienne internationale et co-présidente du Stade Hendayais Rugby, Amélie Mahé, joueuse du Toulouse Université Club et championne de France de Fédérale 2 avec le TUC Rugby, et bien sûr Bernard Pujol, président du CDOS de Haute-Garonne qu’on ne présente plus quand il s’agit de rugby.
1. Retour sur la rencontre pour la 3e place entre la France – Nouvelle-Zélande (42-26)
Q1 : Les Bleues terminent quatrièmes après une défaite face aux Black Ferns. On a eu le sentiment d’une équipe française trop maladroite pour espérer mieux…
Q2 : Est-ce que vous avez ressenti de la frustration dans cette rencontre ?
Énormément ! On a senti que les Françaises avaient envie, mais elles se sont mises beaucoup de pression. Le ballon ne vivait pas assez vite. En face, les Black Ferns ont déroulé leur rugby : de la vitesse, du mouvement, de la précision. Quand Sorensen-McGee, 18 ans seulement, inscrit son dixième essai de la compétition, on mesure l’écart de réalisme. Les entrées de banc ont changé la donne un peu tard, mais la réaction avec les essais de Champon, Vernier et Boulard montre qu’il y a du potentiel.
Q3 : Cette quatrième place, est-ce un échec ou une étape logique ?
C’est un constat. La France est une belle équipe, capable de fulgurances, mais pas encore capable d’être constante sur 80 minutes face aux toutes meilleures. On parlait d’un podium attendu, ce sera pour une autre fois. On reste derrière l’Angleterre, la Nouvelle-Zélande et même le Canada. Pour combler ce retard, il faudra investir dans la formation, travailler sur la maîtrise technique et mentale. Les Bleues ont de l’avenir, mais aujourd’hui le top 3 mondial est encore un cran au-dessus.
2. Analyse de la finale Angleterre – Canada (33-13)
Q4 : On passe à la finale. Devant 81 000 spectateurs, record absolu pour un match féminin, les Anglaises ont dominé le Canada. Vous qui connaissez le haut niveau : qu’est-ce qui a fait la différence ?
Le pack anglais. C’est une machine de guerre. Mêlée, touche, mauls, tout y était. Le Canada avait montré de très belles choses contre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, mais face à cette puissance collective, elles ont explosé. Et puis il y a eu l’étincelle Kildunne, l’arrière, qui a encore sorti une action de génie. Elle a débloqué le match au moment où le Canada commençait à y croire.
Q5 : Est-ce que ce match illustre la supériorité actuelle des Red Roses ?
Oui, totalement. On peut critiquer leur style pas toujours très spectaculaire, mais il est d’une efficacité redoutable. Les Anglaises ont construit cette victoire depuis trois ans. Leurs avants sont les meilleurs du monde, et leur défense autour de Megan Jones a été infranchissable. Même quand elles ont eu un carton jaune, elles n’ont pas paniqué. Le Canada a eu son moment avec l’essai d’Asia Hogan-Rochester, mais ensuite elles se sont heurtées à un mur.
Q6 : Sur le plan symbolique, qu’est-ce que représente cette victoire anglaise à domicile ?
C’est énorme. On parle de 81 000 spectateurs à Twickenham ! C’est un signe que le rugby féminin est en pleine explosion de popularité. L’Angleterre a écrit une page d’histoire. Elles ont perdu les finales 2017 et 2022 contre la Nouvelle-Zélande, cette fois elles n’ont pas laissé passer. C’est leur troisième titre, et elles seront favorites pour la prochaine Coupe du monde en Australie. Derrière, des nations comme la France doivent prendre exemple : régularité, puissance, et surtout constance dans le projet de jeu.
3. Perspectives pour la France
Q6 : Un dernier mot : que doit faire la France pour rejoindre ce fameux top 3 mondial ?
Travailler la précision technique et libérer les joueuses mentalement. Le talent est là, mais la constance fait défaut.
Donner plus de temps de jeu aux jeunes, comme le fait la Nouvelle-Zélande avec Sorensen-McGee. L’expérience se construit sur le terrain, pas seulement à l’entraînement.
Investir dans les structures, dans le suivi physique et mental, et surtout croire que cette équipe peut gagner. Parce que sans confiance, on reproduira les mêmes erreurs.