🎙️ Chronique spéciale Coupe du Monde de Rugby Féminin N°5
– Débrief des 1/2 de finales -
La chronique spéciale Coupe du Monde de Rugby féminin, aujourd’hui, on revient sur les deux demi-finales de la Coupe du Monde de Rugby Féminin, disputées à Ashton Gate, à Bristol. Deux affiches de rêve : le Canada face à la Nouvelle-Zélande, et puis ce Crunch tant attendu, France – Angleterre avec nos consultantes : Danièle IRAZU, ancienne internationale française et aujourd’hui co-présidente du Stade Hendayais Rugby, Amélie MAHE, championne de France de Fédérale 2 avec le Toulouse Université Club, et consultant Bernard PUJOL, président du Comité Départemental Olympique Sportif de Haute-Garonne, qu’on ne présente plus quand il s’agit de rugby.
Canada vs Nouvelle-Zélande (34-19)
On commence par la sensation de la compétition : le Canada qui terrasse les doubles championnes du monde en titre, les Black Ferns, 34 à 19.
Q1 : Comment qualifier cette performance ?
Les Canadiennes ont joué à un niveau exceptionnel pendant une heure : puissance, vitesse, précision. Elles ont totalement submergé la Nouvelle-Zélande. On a rarement vu les Black Ferns autant en difficulté.
La qualité de leur jeu de passes et cette agressivité permanente. On a vu des offloads incroyables, des relances pleines de culot. Justine Pelletier à la mêlée en vraie patronne ! Elle marque, elle distribue, elle invente… C’était du rugby champagne, mais avec une efficacité redoutable.
Sophie De Goede, la deuxième ligne. Elle est partout : grattages, interceptions, un essai, des points au pied… C’est une joueuse complète, une sorte de couteau suisse du rugby moderne. Et derrière elle, une équipe qui suit. Les Canadiennes ont eu un trou d’air autour de la 60e, mais avant ça, elles avaient déjà fait la différence.
Q2 : Le public de Bristol, 25 000 spectateurs, en a eu pour son argent. Est-ce que l’on peut dire que l’on a assisté à un tournant historique ?
Voir le Canada en finale, c’est un signal fort : le rugby féminin n’est plus réservé à quelques nations dominantes. Les Black Ferns, six fois championnes du monde, viennent de tomber face à une équipe coachée par… un Français, Kévin Rouet, un Parisien ! On aura donc un sélectionneur tricolore en finale, quoi qu’il arrive.
France vs Angleterre (17-35)
Q3 : Passons maintenant à l’autre demi-finale, France – Angleterre. Une nouvelle fois, les Bleues ont fait trembler les Red Roses… mais elles ont fini par craquer. Score final : 35-17. Quelle est votre analyse ?
Les Françaises ont fait une première mi-temps magnifique ! De l’agressivité, une défense de fer, un jeu au pied intelligent avec Carla Arbez. Elles ont même fait douter les Anglaises, ce qui n’arrive presque jamais. On a vu Nassira Konde inscrire un essai splendide, et ça a donné beaucoup d’émotions.
Ce qui est cruel, c’est qu’à chaque fois qu’elles étaient en position de marquer, elles ont manqué de réalisme. Marine Ménager a deux occasions énormes, et ça ne passe pas… Face à une équipe aussi pragmatique que l’Angleterre, ça ne pardonne pas.
Et puis, à l’heure de jeu, la différence physique s’est vue. Les Red Roses ont remis la main sur le ballon, enchaîné les ballons portés, imposé leur puissance. Amy Cokayne, Abbie Ward, et la fusée Ellie Kildunne ont scellé le sort du match. Les Françaises étaient moins bien.
Et maintenant ?
Q5 : On a l’affiche de finale : Angleterre – Canada, le 27 septembre à Twickenham. La France, elle, jouera la petite finale contre la Nouvelle-Zélande. Bernard, que peut-on attendre ?
Déjà, cette finale est superbe. L’Angleterre, favorite à domicile, contre un Canada qui joue sans complexe et qui a montré un rugby flamboyant. On va avoir un choc de styles : la puissance et le pragmatisme anglais contre la vitesse et la créativité canadienne.
Les Canadiennes peuvent créer l’exploit. Si elles reproduisent ce qu’elles ont fait contre les Black Ferns, elles ont les moyens de faire trembler Twickenham. Et puis, elles n’ont rien à perdre, ça peut faire la différence.
La petite finale sera aussi un grand match. La France contre la Nouvelle-Zélande, c’est une affiche énorme. Les Bleues ont l’occasion de terminer ce Mondial sur une note positive, de repartir avec une médaille et surtout de continuer à construire.
On suivra évidemment la finale Angleterre – Canada et la petite finale France – Nouvelle-Zélande. Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite et la fin de cette aventure internationale dans une nouvelle chronique !